Rallye de la Sarthe,

Rallye de la Sarthe, 03 Avril 2010
2e épreuve du Championnat de France des Rallyes Routiers


La pluie. S’il y a une chose à retenir de ce 53e Rallye de la Sarthe, c’est bien cette météo
capricieuse. Donc récit d’un week-end humide :


Jeudi 01 Avril 2010
Comme tous les jours depuis le début de la semaine, je consulte les prévisions météo. Et
comme tous les jours depuis le début de la semaine, c’est toujours de la pluie qui est annoncée. Je
me fais donc une raison, ce rallye sera pluvieux.
Je souhaite un bon week-end à mes collègues à midi pour m’attaquer au chargement du
camion puis direction La Suze sur Sarthe.
Le soleil est de la partie cet après-midi et c’est bien agréable. Il faut en profiter, ça ne va pas
durer. Je me laisse guider par les indications de la feuille de route calculée par Via Michelin qui me fait
souvent m’éloigner des nationales pour me retrouver sur de petites routes sinueuses au milieu de
verdoyants bocages. C’est l’option « au plus court » et c’est bien sympathique. Et puis je me sens
déjà dans l’ambiance rallye avec un peu de navigation.
J’arrive à 17h30 et je m’installe sur la place de la gare servant de parc coureurs, le camping
nous accueillant habituellement étant devenu impraticable par la montée de la Sarthe. Je décharge la
moto et je suis rejoint par Matthieu (Yamaha 600 FZ6) qui participera ici à son 2e rallye. Il était venu
l’an dernier en temps que suiveur ce qui créa immédiatement en lui l’envie de s’engager officiellement.
Après s’être lancé dans le grand bain aux Volcans en 2009, c’était décidé pour lui : il faudra remettre
ça. Le voici donc à grossir les rangs du Moto Club Fleur de Lys qui est d’ailleurs bien représenté sur
ce Rallye de la Sarthe car deux nouveaux adhérents sont également engagés : Cédric (Yamaha 350
RDLC) et Stéphane (Kawasaki 500 ER-5).

 

En fin d’après midi, nous décidons,
Matthieu et moi, de nous lancer dans une
boucle de reconnaissance du parcours routier
que nous finiront à la nuit tombée. Petite
déception : le parcours est intégralement
identique à celui emprunté l’année dernière.
Mais cela n’enlève finalement rien au charme
des petites routes du coin qui sont sinueuses à
souhait et bosselées et gravillonneuses juste
ce qu’il faut. Bref, de vraies routes de rallye.

Nous prévoyons une reconnaissance plus sérieuse de la spéciale le lendemain matin et pour
ce soir, il n’y a plus qu’à prendre l’apéro et passer à table en faisant des plans sur la comète pour
samedi (genre « je vais tous les pourrir » pour notre pistard de voisin ou « le Bugatti me fait flipper »
pour Matthieu le débutant). Ah oui, au fait, ce qui fait la grosse particularité de ce rallye de la Sarthe,
c’est sa spéciale sur le Bugatti, le mythique circuit des 24h du Mans et du Grand Prix moto.


Vendredi 02 Avril 2010
Réveil sous la pluie après une bonne nuit à peine perturbée par le TGV passant juste à coté.
Petit déjeuner, enfilage de combinaison et de vêtements de pluie (il va falloir s’habituer) et c’est parti
pour la reconnaissance de la spéciale en compagnie des voisins d’en face.
Cette spéciale est en tout point identique à celle de l’an dernier ce qui me permet de chercher
en priorité des repères aux endroits que j’avais du mal à mémoriser en 2009. Le début est rapide puis
la route devient très sinueuse pour redevenir rapide sur la fin.
Les organisateurs sont en pleine installation de bottes de paille et la pluie s’intensifie encore
un peu donc on ne prend pas trop de risques et on se contente de 3 passages avant de rentrer à La
Suze, trempés. On profitera des courtes éclaircies de l’après midi pour essayer de faire sécher gants,
bottes, combinaison.

 

Place maintenant aux traditionnelles vérifications
administratives et techniques. Tout se passe bien et les
motos entrent au parc fermé.


File d’attente du contrôle technique à l’abri pour Matthieu.
Les motos au parc fermé (mon SV n°84 à gauche et le Fazer 477 à droite)

Il ne nous reste plus qu’à faire les pleins des jerricans, acheter du pain pour les sandwiches
de demain, préparer le sac à dos (bombe anti crevaison, leviers de rechange et gros scotch pour la
moto, bouteille d’eau et barre de céréales pour le bonhomme)…

 

Samedi 03 Avril 2010
Je devais avoir peur que la journée manque de piment alors je commence par me faire une
grosse sensation d’entrée de jeu : je me suis loupé sur le réveil. Je dois partir dans 30 minutes donc il
ne faut pas perdre de temps. Je saute direct dans la combinaison, j’avale 1 jus d’orange et 2 chocos,
j’enfile mes bottes encore humides, je récupère mes gants encore trempés et direction le parc fermé.
Je suis à coté de ma moto 10 minutes avant mon horaire de départ. Je suis large finalement !
La pression est retombée et je m’élance à 8h09 en compagnie du CB 500 n°79, direction le
Bugatti. Nous partons exceptionnellement 2 par 2 afin que tout le monde se regroupe plus rapidement
au circuit où la spéciale se déroulera par groupes de 20 à 30 pilotes.
Bien entendu, il pleut déjà. Arrivés au circuit, nous attendons notre tour en regardant les
manches des side-cars puis des Elites qui se bastonnent sur une piste détrempée.
La pression remonte au moment de se mettre en pré-grille dans la voix des stands. Ça fait un
an que je n’ai plus posé mes roues sur un circuit et c’est face aux 19 autres engagés en Sport que je
m’apprête à attaquer cette piste du Mans. Nous nous élançons pour un tour de reconnaissance, nous
nous plaçons sur la grille en début de ligne droite puis nous faisons un tour de chauffe. Ces 2 tours
permettent de se remettre un peu en mémoire le tracé et de se rendre compte que la piste est bien
mouillée et que ça glisse pas mal. Mon compagnon de route de tout à l’heure en CB 500 se fera
d’ailleurs piéger en tombant dès le tour de chauffe.
Notre vrai départ sera d’ailleurs légèrement retardé, le temps pour les commissaires de
nettoyer la piste. Et le temps pour moi de me rendre compte que mes supporters ont fait l’effort de se
lever tôt pour venir me voir rouler et se sont installés dans la tribune des stands. Ça fait plaisir.

 

Grille de départ de la catégorie Sport : il manque la 1ere ligne sur cette photo et j’ai perdu mon voisin
de gauche dans un bac à gravier avant même le départ.

Quelques minutes plus tard, la piste est propre, on va pouvoir s’élancer pour 4 tours de
spéciale. Moteur… Je suis en 9e position. Feux rouge…Puis verts. C’est parti ! Je prends un bon
départ et je dois être 6e quand j’entre dans la Dunlop. Un pilote me gène un peu et m’empêche
d’accélérer complètement en sortie, un autre me passe, je double celui qui me gênais, j’en passe un
autre au Musée, je garde ma place au Garage Vert, entrée dans le Chemin aux Boeufs, puis glissade.
Et merde ! J’ai perdu l’avant et je me retrouve sur le flanc avant même la fin du premier tour. Je relève
la moto avec un levier de frein cassé et il ne me reste plus qu’à rentrer aux stands. Spéciale du
Bugatti finie pour moi.
La déception est grande mais il faut réparer pour pouvoir repartir pour la suite du rallye. J’ai
quand même de la chance dans mon malheur car la moto n’a quasiment rien, le levier est très vite
changé et le guidon qui avait bougé est remis en place. Je vais pouvoir repartir pour la suite du rallye
et c’est déjà bien comparé à d’autres qui n’auront pas cette chance. On se rassure comme on peut…

 

Direction maintenant la spéciale
sur route d’Amné en Champagne. La
pluie a cessé et la route sèche
progressivement au fur et à mesure que
nous nous approchons de la spéciale. Il
faudra tout de même se méfier des
zones qui peuvent rester humides,
d’autant plus que j’ai grillé mon joker…


Les traces de terre sur la moto
et son pilote en sont la preuve et me
vaudront quelques taquineries. « Alors,
on a jardiné ? »

J’ai bien fait de rester sur mes gardes car dès le troisième virage, dans la section rapide, la
route est recouverte d’une grosse trainée de boue surement provoquée par le passage des side-cars
devant nous. J’essaye de garder tout de même un bon rythme pour signer un chrono de 2’12’’312 qui
me placera 55e au classement de cette spéciale sur les 124 pilotes encore en course.
Nous étions 132 au départ, le Bugatti a fait des dégâts…


Et d’ailleurs, ça donne quoi finalement le classement du Bugatti ? N’ayant pas fini la spéciale,
je ne sais pas trop comment mon temps va être calculé. Je découvrirais que j’hérite du temps
forfaitaire égal au plus mauvais chrono augmenté de 5%. Ça me fera donc un bon gros 18’35’’ qui me
relègue tout au fond du classement de cette matinée. En comparaison, mes petits camarades de la
catégorie Sport ont roulé autour des 11 minutes…


J’apprendrais aussi un peu plus tard que l’ami Matthieu à lui aussi tâté du bitume sur le circuit
(c’était son baptême de la piste…). Et il a eu moins de chance que moi puisque son guidon trop tordu
l’a empêché de repartir et il doit faire une croix sur toute l’étape de jour car il ne s’est pas présenté au
départ de la spéciale d’Amné. Il est donc considéré comme abandon pour la journée et il ne roulera
donc pas pour la deuxième boucle de cet après-midi. Il ne pourra repartir que pour l’étape de nuit.
Quand je vous dis que j’ai eu de la chance dans mon malheur…


Il est maintenant 13h30, la moto est retournée au parc fermé après un rapide petit nettoyage
pour finir d’enlever la boue ramassée dans la glissade et nous profitons de la belle éclaircie qui s’offre
à nous pour partager le pique nique avec nos supporters un peu moqueurs sur nos perfs de ce matin.
Ça chambre pas mal mais en même temps c’est bien mérité.

15h16, je prends le départ pour la boucle de
l’après midi.


Nous nous rendons cette fois-ci sur la
piste de Maison-Blanche, circuit annexe du
Bugatti, qui accueille donc la 3e spéciale de la
journée et sur laquelle nous reviendrons cette
nuit. Nous n’avons plus de pluie depuis ce midi
et il y a donc enfin espoir de rouler sur piste
sèche. Espoir vite envolé puisqu’il se remet à
pleuvoir pendant que nous attendons notre
tour. Les premiers ont pu profiter du sec, ce
sera encore du mouillé pour nous…

 

J’avais souvenir depuis l’an dernier que cette piste était particulièrement glissante sous la
pluie. Cela se confirmera très vite : petit patinage dès le départ, roue arrière qui bloque très vite au
premier freinage. Je ne suis vraiment pas rassuré et même complètement tendu au guidon. Je ne
prends pas 2 degrés d’angle, je loupe tous les points de corde, j’ose à peine accélérer en sortie de
courbe, bref je me traîne lamentablement. Les 2’22’’300 du chrono le confirment. Je fais 84e.
Direction Amné pour la suite du programme et nous reprenons une très grosse averse à 2km
du départ de la spéciale. Mais c’est pas possible ! J’adopte encore le rythme touriste, je roule 20
secondes moins vite que ce matin et c’est la 94e place qui me revient…


Le retour à la Suze et la pause de fin de journée va faire du bien. On peut poser la
combinaison, prendre le temps de casser une graine chaude pour faire le plein d’énergie pour la nuit à
venir. Et c’est aussi l’occasion de dresser le bilan de la journée qui n’est pas bien joli pour le MC Fleur
de Lys : chute au Bugatti pour Matthieu et moi, glissade à Maison Blanche pour Stéphane, seul Cédric
sera resté sur ses roues toute la journée. On se rassure en se disant qu’on n’est pas les seuls à s’en
être mis une car les conditions météo ont envoyé énormément de monde au tapis, à chaque fois sans
gravité fort heureusement.


La nuit commence à tomber, les premiers concurrents commencent à repartir, nous
commençons à nous préparer et c’est reparti pour les 97km de la boucle de nuit et ses 2 spéciales. Il
est 21h16 quand je m’élance et il n’a pas plu depuis la fin de la journée. Arrivé à Maison Blanche, je
constate une énorme file d’attente : tous les concurrents sont là mais personne ne semble tourner. La
raison ? Panne de chrono. Effectivement, c’est balaud… On attend, on discute, on piétine…


L’organisation s’affaire à régler le problème, envoi un pilote pour tester, ça ne marche toujours pas.
Il est un moment question d’annuler cette spéciale pour se rendre directement à Amné mais
un point du règlement fait réfléchir les organisateurs à 2 fois : une étape doit compter au moins 2
spéciales pour être validée pour le championnat. Donc annuler cette spéciale de Maison Blanche
reviendrait à annuler complètement l’étape de nuit, ce qui n’est bien sûr pas souhaitable.
1h30 plus tard, 2e essai : c’est bon, c’est réglé, on va pouvoir repartir.


Avec le retard accumulé, la direction de course prend la décision de faire passer en priorité les
pilotes inscrits au championnat de France et les pilotes hors championnat partiront seulement après,
ce qui leur fera au moins 2h d’attente.

Au fait j’oubliais : pendant qu’on attendait, il s’est
remis à pleuvoir. Etonnant non ?
Il doit être minuit et demi, la pluie et la course ont repris
leur droit, alors on y retourne. J’avoue que j’y vais un
peu à reculons : marre du mouillé, beaucoup attendu,
fatigue qui commence à se pointer… Mais je me fais
violence et je m’élance.
Décompte du commissaire : 3… 2… 1… GAZZZZZ…

 

 

 

Ambiance d’un départ de nuit sur Maison Blanche.

 

Comme cet après-midi, je me fais piéger par l’adhérence précaire dès le premier freinage.
J’élargis plus que de raison, je n’arrive pas à choper la corde, je suis à l’arrêt en sortie et ce sera
comme ça pendant le tour ½ que dure cette spéciale. Pitoyable. Mais toujours sur mes roues au
moins !


Sur le parcours routier qui suit, je roule avec le CB500 qui n’a pas finit le tour de chauffe ce
matin. Il m’ouvre la route en imprimant un bon rythme mais je suis toujours tendu sur la moto et j’ai du
mal à prendre du plaisir à rouler. Bizarrement, c’est au départ de la dernière spéciale, à Amné, que je
commence à me détendre. De toute façon, sous la pluie ça ne sert à rien de forcer, il faut rouler
souple et décontracté. Je prends le départ dans cet état d’esprit, calmement, tout en douceur, et ça se
passe très bien. Enfin je ne subi plus… Bon je suis encore 20s moins vite qu’au dernier passage
(heureusement que c’est le dernier…) mais peu importe.


Reste maintenant à parcourir les 60 derniers kilomètres de ce rallye et c’est là que les gouttes
deviennent de plus en plus grosses. Elles se transformeront même en grêle. Le vent commence à
s’en mêler. Il souffle de plus en plus fort. La pluie redouble et tombe maintenant à l’horizontale. Nous
on est penchés pour aller droit. Le tout perdu au milieu de nulle part, dans un noir total, juste la route
éclairée par les xénons. Mais qu’est-ce qu’on fout là ?


Dans ces conditions, l’avant dernier CH est très dur à avoir dans les temps. Je pointe juste
dans ma minute mais le CB500 de devant est en retard. On sort les cartons de pointage trempés, des
bénévoles touts aussi trempés et perdus en pleine forêt collent les étiquettes avec les horaires et on
repart à l’assaut des éléments.


Nous arrivons à La Suze toujours sous ce déluge qui ne semble plus vouloir s’arrêter et je me
surprends à avoir un grand sourire sous mon casque. C’est finalement dans cette dernière partie de
rallye aux conditions météo hallucinantes que j’ai pris le plus de plaisir à rouler. Je suis trempé et
fatigué mais heureux. Simplement heureux d’être allé au bout.


La petite bière de l’arrivée dégustée à l’abri chez les voisins permet de dresser le bilan de ce
2e rallye de la saison. En ce qui me concerne, je suis finalement content mais la petite déception de ce
matin est tout de même bien présente. Et puis cette fois c’est officiel : j’aime pas le mouillé. Pour
Matthieu, ce sera une sale journée à oublier : chute le matin qui le contraint à l’abandon pour toute la
journée. Et forfait également pour la nuit après la longue attente à Maison Blanche qui aura eu raison
de sa patience et surtout de sa motivation. Et quid des autres pilotes du Moto Club ? Stéphane s’est
bien amusé toute la journée, il a bien roulé dans ces conditions difficiles et malgré sa petite glissade à
Maison Blanche, il finit 64e sur les 89 classés. Au fait, le 89e, c’est Bibi… Reste Cédric. Et là je dis
BRAVO. Car le gaillard et sa petite Yam 350 RDLC signent un très joli podium, 3e en catégorie
Classique. Très belle perf, toutes mes félicitations. Et merci. L’honneur est sauf, le MC Fleur de Lys ne
compte finalement pas que des manchots…

Remerciement
Outre Cédric pour ses belles perfs, les personnes à remercier sont nombreuses.
Commençons par « LA Team » d’en face qui nous à permit de nous mettre à l’abri de la pluie tout au
long du week-end. Organisés et accueillants ces militaires… Et puis un merci particulier à l’ami Berto
et son capitaine pour leur intervention éclair pour remplacer le levier et remettre en place le guidon.
Merci à Franck Bacon, n°74 en Sport, pour son habi le évitement lors de ma chute du matin.
Je l’ai vu passé tout proche pendant que je glissais mais il a assuré en tirant dans l’herbe (il a
d’ailleurs failli s’en mettre une aussi dans cette histoire).


Merci aux supporters, Dédé, Jéjé et Farid. Ils se sont levés tôt pour faire le déplacement au
Bugatti et n’ont pas été gâtés par nos prestations. Et merci pour la réparation des vêtements de pluie
même si ça n’a pas tenu…


Les parents de Matthieu méritent aussi d’être cités pour leurs délicieuses attentions culinaires.
Pour finir, un grand merci à Arnaud Sassone et son magasin Moto Expert, à Cyril Coudière et
son cabinet Axa Assurance ainsi qu’à Tecmas pour leur soutient.


Par contre, pas merci à Evelyne Dhéliat et à ceux qui disent que le mouillé c’est dans la tête…
La prochaine épreuve pour nous sera le Rallye du Ventoux le 15 Mai et on croise les doigts
pour que la météo y soit plus clémente.
A très bientôt.

 
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